Réplique

Dire “Ṣadaqa Allahou al-ʿAdhīm” : Une pratique légitime selon le Coran, la Sunnah et les savants, et non une innovation comme le prétendent les Salafis

Imad 5 juin 2026 13 min de lecture
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Louange à Allah, que la prière et le salut soient sur le Messager d’Allah, sur sa famille, ses compagnons et ceux qui les suivent.

Certains disent : « Le fait que le récitant dise après avoir terminé sa lecture “ Ṣadaqa Allahou al-ʿAdhīm ” (Allah le Très Grand a dit vrai) est une innovation blâmable, il n’est pas permis de le dire. »

Quelle est la réponse à cette affirmation ?

Réponse :

Dire « Ṣadaqa Allahou al-ʿAdhīm » que ce soit par le récitant ou par l’auditeur, après avoir terminé la lecture du Coran, ou en entendant un verset, n’est pas une innovation blâmable, et ce pour plusieurs raisons :

  1. Il n’existe aucun texte qui interdit spécifiquement cette formule.
  2. C’est un rappel (dhikr) d’Allah, et le rappel d’Allah a été ordonné à de nombreuses reprises.
  3. Les savants ont parlé de cette pratique en la recommandant comme l’une des bonnes manières (ādāb) de la lecture du Coran.
  4. Cette formule, ou une formule très proche, a été ordonnée dans la noble Charia. Voici les textes qui le prouvent :

Le Coran Noble :

1- Allah, le Très Haut, dit : {Dis : « Ṣadaqa Allāh (Allah a dit vrai), suivez donc la religion d’Ibrahim, en hanif (pur monothéiste). »} [Sourate Āl ‘Imrān : 95]

2- Il dit : {Et quand les croyants virent les coalisés, ils dirent : « Voilà ce qu’Allah et Son Messager nous avaient promis. Allah et Son Messager ont dit vrai (ṣadaqa Allāhu wa rasūluh). »} [Sourate Al-Aḥzāb : 22]

Les Hadiths :

  1. Il est rapporté dans le Sahih al-Bukhari (5684) :

‘Ayyash ibn al-Walid nous a informés, ‘Abd al-A‘la nous a informés, Sa‘id nous a informés, d’après Qatadah, d’après Abi al-Mutawakkil, d’après Abi Sa‘id :

Un homme vint trouver le Prophète ﷺ et dit : « Mon frère se plaint du ventre. » Il ﷺ dit : « Fais-lui boire du miel. » Puis il revint une deuxième fois, et le Prophète ﷺ dit : « Fais-lui boire du miel. » Puis il revint une troisième fois, et le Prophète ﷺ dit encore : « Fais-lui boire du miel. » Lorsqu’il revint, il dit : « J’ai fait ce que tu as ordonné. » Le Prophète ﷺ dit alors : « Ṣadaqa Allāh (Allah a dit vrai), et le ventre de ton frère a menti. Fais-lui boire du miel. » Il lui en fit boire et il guérit.

  1. Ce qui a été rapporté par al-Bayhaqi dans Shu‘ab al-Īmān, dans lequel on trouve : (Allah est plus sage, plus généreux, plus majestueux et plus grand que ce qu’ils Lui associent. Louange à Allah, mais la plupart d’entre eux ne savent pas. Ṣadaqa Allāh, Ses messagers ont transmis le message, et je suis parmi ceux qui en témoignent.)

L’Imam al-Bayhaqi a dit : « Sa chaîne de transmission est faible. » Il a également dit : « Les gens du Hadith peuvent se montrer indulgents dans l’acceptation de ce qui est rapporté concernant les invocations et les vertus des bonnes actions, tant qu’il n’y a pas parmi les narrateurs quelqu’un connu pour fabriquer des hadiths ou mentir dans la transmission. »

Nous disons : Cette règle est celle sur laquelle ont agi les Imams de l’Islam. Parmi les plus éminents qui ont mentionné cette règle figure l’Imam Ahmad ibn Hanbal qui a dit : « Lorsque nous rapportons sur le licite et l’illicite, nous nous montrons rigoureux, et lorsque nous rapportons sur autre chose, nous nous montrons indulgents. »

  1. L’emploi par le Prophète ﷺ de cette expression en tant que rappel (dhikr), confirmation et louange dans différentes situations et circonstances constitue une preuve de sa licéité.

D’après Buraydah, il dit : Le Messager d’Allah ﷺ nous faisait un sermon lorsque al-Hasan et al-Husayn vinrent, portant deux chemises rouges, marchant et trébuchant. Le Messager d’Allah ﷺ descendit de la chaire, les porta et les plaça devant lui, puis il dit : « Ṣadaqa Allāhu wa rasūluh (Allah et Son Messager ont dit vrai) : “Vos biens et vos enfants ne sont qu’une tentation.” J’ai vu ces deux enfants marcher et trébucher, je n’ai pas pu m’empêcher d’interrompre mon sermon et de les relever. »

Rapporté par les auteurs des Sunan, Ibn Hibban, al-Hakim et Ibn Abi Shaybah. At-Tirmidhi a dit : « Hadith Hasan. »

  1. Ce que rapporte an-Nasa’i d’après Abi Dharr : Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Celui qui jeûne trois jours par mois, c’est comme s’il avait jeûné toute l’année. » Puis il dit : « Ṣadaqa Allāhu wa rasūluh dans Son Livre : {Celui qui vient avec une bonne action aura dix fois son équivalent.} »
  2. Dans les questions d’Abdullah ibn Salam : « Informe-moi, ô Muhammad, par quoi le Coran commence et par quoi il se termine ? » Il répondit : « Il commence par Bismillah ar-Rahman ar-Rahim, et il se termine par Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm ». Il dit : « Tu as dit vrai. »

Et dans Kharidat al-‘Aja’ib : « Il convient que le récitant dise cela à la fin de la récitation. Sinon, la fin du Coran est Sourate an-Nas, et le fait de commencer par la lettre “B” (de Bismillah) et de terminer par la lettre “S” (de Ṣadaqa) est une allusion à la formule “B…S”. »

Avis des Compagnons (Paroles des Sahaba) :

  1. L’Imam Ahmad a rapporté dans son Musnad d’après Abi ‘Aqrab : Je me rendis un matin chez Ibn Mas‘ud pendant le mois de Ramadan. Je le trouvai assis sur le toit de la maison. Nous l’entendîmes dire : « Ṣadaqa Allāh wa balagha rasūluh (Allah a dit vrai et Son Messager a transmis le message). » Nous lui dîmes : « Nous t’avons entendu dire : “Allah a dit vrai et Son Messager a transmis.” » Il répondit : « Le Messager d’Allah ﷺ a dit : “La Nuit du Destin (Laylat al-Qadr) se trouve dans les sept dernières nuits de Ramadan. Le soleil se lève ce matin-là clair, sans rayons.” J’ai regardé le soleil et je l’ai trouvé tel que le Messager d’Allah ﷺ l’avait décrit. »

Rapporté également par al-Bazzar dans son Musnad de façon similaire.

  1. La parole de notre maître Ali (qu’Allah l’honore) dans l’affaire des Khawarij qui sortent de la religion comme la flèche sort de l’arc. Après les avoir adjurés par Allah et leur avoir rappelé qu’il les avait mis en garde contre cela, et qu’ils eurent répondu « Oui », il dit : « Ṣadaqa Allāhu wa rasūluh (Allah et Son Messager ont dit vrai). »
  2. Dans les Sunan d’an-Nasa’i également, d’après Masruq : J’ai entendu Ali ibn Abi Talib dire à propos d’une chose : « Ṣadaqa Allāhu wa rasūluh. » Je lui dis : « Est-ce quelque chose que tu as entendu (du Prophète) ? » Il répondit : « Le Messager d’Allah ﷺ a dit : “La guerre est ruse.” »
  3. Il est rapporté de notre maître Abu Hurayrah et de notre maître Ibn Abbas (qu’Allah les agrée) comme mentionné dans Tarh at-Tathrib d’al-Hafiz al-‘Iraqi : Ibn Abbas interrogea un juif en disant : « Où est ta mort, ô juif ? » Il répondit : « Je ne sais pas. » Ibn Abbas dit alors : « Ṣadaqa Allāh (Allah a dit vrai) : {Nulle âme ne sait en quelle terre elle mourra.} »

Conclusion de cette partie : Il ressort de tout cela, comme mentionné précédemment, que l’emploi de cette expression en tant que confirmation et louange envers Allah et Son Messager, dans diverses situations qui sont des occasions de vérification, est bien établi.

Avis des savants (Paroles des Ulémas) :

  1. Al-Qurtubi a mentionné dans l’introduction de son Tafsir que al-Hakim at-Tirmidhi a parlé des bonnes manières (ādāb) de la récitation du Coran Noble et en a fait partie le fait de dire, à la fin de la lecture : « Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm » ou toute expression qui en exprime le sens. Voici son texte (vol. 1, p. 27) :

« Parmi ses droits, lorsqu’il termine sa lecture, de confirmer son Seigneur, de témoigner de la transmission à Son Messager ﷺ [par exemple en disant : “Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm wa ballagha rasūluh al-karīm”], et de témoigner que cela est vrai en disant : “Tu as dit vrai, notre Seigneur, Tes messagers ont transmis, et nous en sommes parmi les témoins.
Ô Allah, fais de nous parmi les témoins de la vérité et ceux qui se tiennent sur la justice.” Puis il fait des invocations. »

  1. Al-Qurtubi dit aussi dans son Tafsir (vol. 19, p. 238) :

Ibn Abbas a dit : « Lorsque l’accouchement est difficile pour une femme, elle écrit ces deux versets et ces deux paroles sur une feuille, puis elle la lave et en boit : Bismillah ar-Rahman ar-Rahim, Lā ilāha illa Allāhu al-ʿAẓīm al-Ḥalīm al-Karīm… jusqu’à Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm. »

  1. Il est mentionné dans Fiqh al-Madhāhib al-Arba‘ah (éd. Awqaf Misr) que les Hanafites ont dit :
    Si le priant parle en faisant un tasbih tel que « Ṣadaqa Allāhu al-ʿAdhim » à la fin de la lecture du récitant, sa prière n’est pas annulée s’il a seulement voulu la louange, le dhikr ou la récitation.

Les Shafi’ites ont dit : Cela ne l’annule absolument pas.

Le Cheikh de l’Islam Zakariyya al-Ansari (ash-Shafi‘i) a dit dans Asna al-Matalib (p. 178) :
« On a interrogé Ibn al-‘Iraqi au sujet d’un priant qui a dit après la lecture de son imam “Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm” : Est-ce permis et sa prière reste-t-elle valide ? Il a répondu que cela est permis et que la prière n’est pas annulée car c’est un dhikr qui ne contient pas d’adresse à un être humain. »

*(Et dans les hachures de al-Qalyubi et ‘Umayra, ainsi que dans d’autres ouvrages shafi’ites comme *Nihayat al-Muhtaj*, *Hashiyat al-Jamal, etc., on trouve des avis similaires confirmant que cela ne nuit pas à la prière.)

Dès lors, si cela est permis pendant la prière, qui est la plus grande des adorations, comment peut-on blâmer sévèrement celui qui le dit après avoir terminé la lecture en dehors de la prière ?! Et Allah est plus savant.

  1. L’Imam al-Ghazali a dit dans Ihya’ ‘Ulum ad-Din (p. 329) :
    « Qu’il dise à la fin de sa lecture : “Ṣadaqa Allāhu ta‘ala wa balagha rasūl Allah ﷺ. Allahumma infa‘na bihi wa barik lana fihi. Al-hamdu lillahi Rabbil ‘alamin. Wa astaghfiru Allaha al-Hayy al-Qayyum.” »
  2. Parmi les savants qui concluaient parfois leur récitation par cette formule : Ibn Kathir, an-Naysaburi, an-Nawawi, Ibn al-Jawzi et al-Yafi‘i (qu’Allah leur fasse miséricorde).
  3. Ibn al-Qayyim (rahimahullah) a mentionné dans Zad al-Ma‘ad :
    Le Prophète ﷺ, lorsqu’un incident survenait pendant son sermon, s’en occupait puis revenait à son sermon. Un jour, al-Hasan et al-Husayn vinrent en trébuchant dans leurs deux chemises rouges. Il interrompit son discours, descendit, les porta, puis remonta sur la chaire et dit :
    « Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm : {Vos biens et vos enfants ne sont qu’une tentation.} [al-Anfal : 28] »
  4. Ibn Kathir a dit dans al-Bidayah wa an-Nihayah (vol. 13, p. 119) :
    « … Celui qui délaisse la Charia confirmée révélée à Muhammad ﷺ et recourt à d’autres lois abrogées est mécréant. Alors comment qualifier celui qui recourt à la Yassa (loi de Gengis Khan) et la préfère ? Il est mécréant par consensus des musulmans… Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm. »
  5. Ibn Kathir, dans son commentaire du verset {Cela Nous les avons rétribués pour leur mécréance…} [Saba’ : 17], cite al-Hasan al-Basri : « Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm, on ne punit de la sorte que les grands mécréants. »
  6. Ash-Shanqiti (auteur d’Adwa’ al-Bayan) commente le verset {Ils le nièrent alors que leurs âmes en étaient convaincues} [an-Naml : 14] en disant : « Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm, et tout mécréant pécheur a menti. »
  7. L’Imam as-Suyuti, dans Tanwir al-Hawalik (commentaire du Muwatta), commente une parole de l’Imam Malik sur sa mémoire exceptionnelle : « Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm » en citant le verset {Nous avons fait descendre le Rappel et Nous en sommes les gardiens} [al-Hijr : 9].
  8. L’auteur de Jami‘ Lata’if at-Tafsir dit : « Le verset noble dit : {Le mâle n’est pas comme la femelle} Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm. »
  9. Dans Ruh al-Bayan d’Ismail al-Burusawi, citant Qut al-Qulub d’Abu Talib al-Makki : Il est recommandé de dire à la fin de chaque sourate : « Ṣadaqa Allāhu ta‘ala wa balagha rasūluh. Allahumma infa‘na wa barik lana fihi.»
  10. L’Imam al-Hafiz Shams ad-Din Ibn al-Jazari dans an-Nashr fi al-Qira’at al-‘Ashr :
    « Nous avons vu certains cheikhs commencer l’invocation après la khatma en disant : “Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm wa balagha rasūluh al-karīm…” Et cela ne pose aucun problème, car tout ce qui est dans le sens de la glorification d’Allah est une louange. »
  11. L’Imam Ali ibn Muhammad ad-Dabba‘ (cheikh des récitants en Égypte) dans Fath al-‘Ali al-Mannan :
    « Il est recommandé au récitant, lorsqu’il termine sa lecture, de confirmer son Seigneur, de témoigner de la transmission à Son Messager ﷺ et de dire : “Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm wa balagha rasūluh al-karīm, wa nahnu ‘ala dhalika min ash-shahidin.” »
  12. Al-Qadi at-Tanukhi :
    D’après Abi as-Sa’ib, d’après Ibn Abbas à propos de Bismillah ar-Rahman ar-Rahim suivi de fasfah as-safh al-jamil : « Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm : un pardon sans réprimande. »
  13. Dans al-Mizan fi Tajwid al-Qur’an, chapitre des adab de la récitation :
    « 10 – Qu’il termine sa lecture en confirmant son Seigneur (en disant : Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm) et qu’il témoigne pour Son Messager de la transmission du message en disant : “Et Son noble Messager a dit vrai, il a transmis le message, et nous en sommes parmi les témoins.” »
  14. Dans al-Wafi fi Kayfiyyat Tartil al-Qur’an al-Karim, chapitre des adab de la récitation :
    « 21 – Lorsque le récitant termine sa lecture, il dit : “Ṣadaqa Allāhu al-ʿAẓīm wa ṣadaqa rasūl Allah ﷺ, wa ana ‘ala dhalika min ash-shahidin.” »

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