Nous poursuivons la critique du livre Kashf al-Shubuhat :
Puis examinez les erreurs de Muhammad Abd al-Wahhab al-Najdi par la suite, afin de vérifier comment il se trompe dans cette question et pense que les mécréants que le Messager d’Allah – que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui et sa famille – a combattus étaient des croyants, sauf qu’ils n’invoquaient pas Allah le Très-Haut, mais invoquaient leurs idoles et les adoraient. Voici le texte de ses propos :
« Si tu as vérifié qu’ils reconnaissent cela, et que cela ne les a pas fait entrer dans le tawhid auquel les a appelés le Messager d’Allah – que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui –, et que tu as compris que le tawhid qu’ils ont nié est le tawhid de l’adoration, que les associateurs de notre époque appellent “la croyance”, tout comme ils invoquent Allah le jour et la nuit.
Puis, parmi eux, il y en a qui invoquent les anges à cause de leur piété et de leur proximité d’Allah pour qu’ils intercèdent en leur faveur, ou ils invoquent un homme vertueux comme al-Lat, ou un prophète comme Jésus. Et tu as compris que le Messager d’Allah – que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui – les a combattus pour ce shirk, et les a appelés à vouer l’adoration exclusivement à Allah seul… »
La réponse à ce paragraphe est la suivante :
Est-ce qu’al-Lat, al-‘Uzza, Manat, Hubal, Na’ila et Isaf étaient des hommes vertueux que les Quraychites ont pris comme divinités pour se rapprocher d’Allah par leur intermédiaire ?!!
Quel est la preuve qu’ils étaient des hommes vertueux ?!
De plus, l’histoire du rapprochement d’Allah par les associateurs est une histoire inventée. Ils avançaient cette prétention devant le Messager d’Allah – que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui et sa famille – par mensonge, comme nous l’avons déjà vu. Le Messager d’Allah ne les a pas combattus parce qu’ils se rapprochaient d’Allah, mais parce qu’ils adoraient ces idoles.
Le Messager d’Allah – que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui – ne les a pas non plus combattus parce qu’ils demandaient aux anges, à Jésus, à Moïse et aux autres – que la paix soit sur eux – d’intercéder pour eux auprès d’Allah. Car cela n’est pas du shirk. C’est une prétention mensongère de leur part envers le Messager d’Allah. Il les a combattus pour leur adoration de ces idoles.
Demander à Allah et solliciter l’intercession auprès de la créature la plus aimée et la plus proche d’Allah n’est pas du shirk. Est-ce que tous les gens commettraient du shirk le Jour de la Résurrection, lorsque le soleil se rapprochera des têtes, et que les gens iront voir tous les prophètes pour leur demander d’intercéder en leur faveur afin qu’Allah allège la difficulté de ce jour ? Ils s’excuseront jusqu’à ce qu’ils arrivent au Messager d’Allah – que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui –, qui dira : « C’est à moi [de le faire] ». Il se prosternera sous le Trône, et il lui sera dit : « Relève la tête, demande et tu recevras, intercède et ton intercession sera acceptée », comme cela est rapporté dans le Sahih.
Cette question n’est pas du shirk. Muhammad Abd al-Wahhab al-Najdi a donc confondu les choses et ne distingue plus entre le shirk pur, l’adoration visée, le tawassul et l’intercession, etc. Il doit comprendre cela avant de s’engager dans une affaire pour laquelle il n’est pas qualifié.
Puis il a dit ensuite :
« Et tu as vérifié que le Messager d’Allah – que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui – ne les a combattus que pour que toute l’invocation soit pour Allah, tout le vœu pour Allah, tout le sacrifice pour Allah, toute la recherche de secours pour Allah, et que toutes les formes d’adoration soient pour Allah. »
Si le Messager d’Allah – que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui – a combattu les mécréants parce qu’ils invoquaient autre qu’Allah, faisaient des vœux à ces idoles et demandaient secours à celles-ci, c’est parce qu’ils croyaient qu’elles pouvaient nuire et profiter indépendamment d’Allah le Très-Haut. Or, Celui qui nuit et qui profite est Allah seul, sans associé, et non ces statues auxquelles ils s’attachaient et qu’ils adoraient.
Ils ont défendu leurs idoles et voulaient que la parole des idoles l’emporte. Ils les vénéraient, leur demandaient la victoire, l’aide, la subsistance et toute chose.
C’est pour cela que le Messager d’Allah – que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui – les a combattus et leur a fait la guerre lors de ses expéditions, comme Badr, Uhud, al-Ahzab et autres.
Quant à la parole de Muhammad Abd al-Wahhab al-Najdi :
« Et tu as compris que leur reconnaissance du tawhid de la Seigneurie (Rububiyyah) ne les a pas fait entrer dans l’Islam. »
Nous avons déjà expliqué à plusieurs reprises, dans mes interventions sur les forums, et particulièrement sur ce forum honorable, qu’il n’existe pas de division du tawhid en trois, quatre ou mille parties, et que cette division est une innovation. Le premier à avoir parlé de cette division est Ibn Battah al-‘Ukbari, un homme des générations suivantes, né en 304 et mort en 378 de l’Hégire.
Beaucoup de gens l’ont suivi, à leur tête Ibn Taymiyyah, qui a propagé cette idée néfaste, à partir de laquelle on a accusé les musulmans de shirk et on les a traités d’associateurs, allant jusqu’à préférer les associateurs combattus par le Messager d’Allah aux croyants d’aujourd’hui.
Nous verrons plus loin comment Ibn Abd al-Wahhab accusait ses contradicteurs parmi les croyants de shirk et les qualifiait d’associateurs, imitant en cela ses frères les Kharijites.
Parmi ceux qui divisent le tawhid en trois parties, certains ont finalement reconnu qu’il était erroné de prétendre que les associateurs de La Mecque et d’ailleurs reconnaissaient la Rububiyyah, c’est-à-dire que leur Créateur, leur Pourvoyeur et Celui qui gère l’univers est Allah le Très-Haut.
Nous avons déjà vu que cette reconnaissance n’était que verbale, lors des débats et des argumentations, parce qu’ils n’avaient pas d’autre réponse. Leur croyance réelle était le contraire de ce qu’ils disaient, et les versets du Coran prouvent le mensonge de leurs prétentions.
Ils prétendaient adorer les anges, Jésus et ‘Uzayr par mensonge, uniquement pour contredire le Messager d’Allah – que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui – par des arguments apparents, alors que la vérité l’emporte, par la grâce d’Allah, partout et en tout temps.
Nous savons qu’ils ne se rapprochaient ni d’Allah ni de quoi que ce soit d’autre que les idoles, comme nous l’avons déjà vu, et qu’ils ne sollicitaient même pas leur intercession, car ils ne demandaient l’intercession ni auprès d’Allah ni auprès de quiconque d’autre que les idoles qu’ils adoraient, parce que celles-ci étaient grandies dans leurs cœurs.
Nous voyons donc que Muhammad Abd al-Wahhab al-Najdi persiste dans son égarement et continue d’attribuer aux associateurs la volonté de se rapprocher [d’Allah] et de solliciter l’intercession.
De plus, il n’y a pas de différence entre la Rububiyyah et l’Uluhiyyah dans la législation islamique du point de vue du sens. Leur signification est que le Très-Haut est :
Celui qui agit sur le monde en le créant et en l’anéantissant, et qui mérite l’adoration.
C’est exactement le sens réel. Le terme « Ilah » (divinité) n’a pas de sens supplémentaire par rapport à « Rabb » (Seigneur). Allah te guide vers cela par Sa parole dans la sourate as-Saffat, rapportant les propos d’Ibrahim – que la paix soit sur lui et sur notre Prophète :
« Et parmi ses partisans, il y avait Ibrahim. Lorsqu’il vint à son Seigneur avec un cœur pur. Lorsqu’il dit à son père et à son peuple : “Qu’adorez-vous ? Cherchez-vous des divinités mensongères en dehors d’Allah ? Que pensez-vous alors du Seigneur des mondes ?” »
Le Législateur Sage emploie le terme « Ilah » pour désigner Celui qui agit sur le monde en le créant et en l’anéantissant, tandis que « Rabb » désigne Celui qui est adoré, c’est-à-dire visé par l’adoration, et c’est Allah, le Seigneur des mondes.
Allah dit dans la sourate Al ‘Imran (verset 64) :
« Dis : “Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n’adorions qu’Allah, que nous ne Lui associons rien, et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors d’Allah.” Si ensuite ils tournent le dos, dites : “Soyez témoins que nous sommes soumis (musulmans).” »
Il n’a pas dit : « …que nous ne prenions point les uns les autres pour divinités en dehors d’Allah ». Cela prouve qu’il n’y a pas de différence entre « Ilah » et « Rabb » dans la législation islamique.
Dans la sourate al-Qasas (versets 71-72) :
« Dis : “Que pensez-vous ? Si Allah faisait que la nuit soit continue sur vous jusqu’au Jour de la Résurrection, quel dieu autre qu’Allah vous apporterait une lumière ? N’entendez-vous donc pas ?” Dis : “Que pensez-vous ? Si Allah faisait que le jour soit continu sur vous jusqu’au Jour de la Résurrection, quel dieu autre qu’Allah vous apporterait une nuit où vous puissiez vous reposer ? Ne voyez-vous donc pas ?” »
Il n’a pas dit : « Quel seigneur autre qu’Allah vous apporterait une lumière… » ni « Quel seigneur autre qu’Allah vous apporterait une nuit… ». Cela parce qu’il n’y a pas de différence entre « Ilah » et « Rabb » dans le sens selon la législation islamique. Ce verset est explicite : l’Ilah est le Rabb, lorsqu’Il dit : « Quel dieu autre qu’Allah vous apporterait une lumière ? » et de même : « Quel dieu autre qu’Allah vous apporterait une nuit… ».
Si les gens reconnaissaient vraiment la Rububiyyah comme ils le prétendent, pourquoi leur demanderait-on dans la tombe : « Qui est ton Seigneur ? » Nous voulons une réponse claire, sans détour ni interprétation, car l’interprétation est interdite selon les adeptes d’Ibn Abd al-Wahhab en matière de croyance.
Nous voyons l’histoire de notre maître Ibrahim – que la paix soit sur lui – lorsqu’il cherchait ce Dieu Créateur, comme le mentionne la sourate al-An’am (versets 76-78) :
« Lorsque la nuit l’enveloppa, il vit une étoile et dit : “Voici mon Seigneur !” Puis, lorsqu’elle disparut, il dit : “Je n’aime pas ceux qui disparaissent.” Lorsqu’il vit la lune se lever, il dit : “Voici mon Seigneur !” Puis, lorsqu’elle disparut, il dit : “Si mon Seigneur ne me guide pas, je serai du nombre des égarés.” Lorsqu’il vit le soleil se lever, il dit : “Voici mon Seigneur, celui-ci est plus grand !” Puis, lorsqu’il disparut, il dit : “Ô mon peuple, je désavoue ce que vous associez [à Allah].” »
Nous voyons que notre maître Ibrahim – que la paix soit sur lui – cherchait son Seigneur !
Comment peut-on alors dire que l’enfant naît en connaissant déjà son Seigneur par fitra (disposition innée) ?!
Au contraire, l’enfant a besoin qu’on lui apprenne qui est son Seigneur et quelle est sa religion ! Sinon, il deviendra la proie de celui qui lui enseignera le shirk, l’anthropomorphisme ou une religion autre que l’islam.