Fiqh

Les propos des shâfi’ites concernant le fait de couper ou de tailler la barbe

Imad 4 mai 2026 5 min de lecture
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Premièrement : Les propos des shâfi’ites concernant le fait de couper ou de tailler la barbe

Al-Nawawî a dit dans al-Majmû’ :

« (Branche) Il a été précédé dans le hadith que laisser pousser la barbe fait partie de la fitra. L’i’fâ’ (laisser pousser) signifie : la rendre abondante et la laisser sans aucune coupe. Il nous est réprouvé de la couper comme le font les non-Arabes. Al-Khaṭṭâbî et d’autres ont dit : c’était la coutume de Kisrâ de couper les barbes et de laisser pousser les moustaches. »

Al-Ghazâlî a dit dans al-Iḥyâ’ : « Les pieux prédécesseurs ont divergé sur ce qui dépasse dans la barbe. Certains ont dit : il n’y a pas de mal à la saisir dans la main et à couper ce qui dépasse de la poignée. Cela a été fait par Ibn ‘Umar, puis par un groupe de Tâbi’în, et al-Sha’bî et Ibn Sîrîn l’ont approuvé. Al-Ḥasan et Qatâda l’ont réprouvé et ont dit : on la laisse intacte en raison de la parole du Prophète ﷺ : “Et laissez pousser les barbes”. »

Al-Ghazâlî a ajouté : « La question est proche tant que cela n’aboutit pas à une taille excessive, car une longueur démesurée peut défigurer la création. »

Et la position correcte, selon al-Nawawî : la réprobation absolue de prendre quoi que ce soit de la barbe. On doit la laisser telle qu’elle est, en raison du hadith authentique : « Et laissez pousser les barbes. »

Quant au hadith d’Amr ibn Shu’ayb d’après son père d’après son grand-père selon lequel le Prophète ﷺ « prenait de sa barbe en longueur et en largeur », il est rapporté par al-Tirmidhî avec une chaîne faible qui ne peut être utilisée comme preuve.

Deuxièmement : Les propos des shâfi’ites sur le rasage ou l’épilation de la barbe

A. Ceux qui disent que c’est réprouvé (makrûh)

Commentaire d’al-Nawawî dans Sharḥ Ṣaḥîḥ Muslim :

« Laisser pousser la barbe signifie la rendre abondante… c’était la coutume des Perses de la couper, le Sharî’a a donc interdit cela. » « L’avis choisi est de laisser la barbe dans son état et de ne pas l’exposer à aucun raccourcissement quoi que ce soit. » Les cinq formulations du hadith (« laissez pousser », « accomplissez », « laissez pendre », etc.) signifient toutes : la laisser intacte.

Synthèse de l’auteur du texte (7 points)

  1. Les shâfi’ites sont unanimes sur la réprobation de couper ou tailler la barbe (avis retenu par al-Nawawî dans al-Majmû’).
  2. Il existe une divergence sur le rasage : certains disent ḥarâm, d’autres makrûh.
  3. La parole d’al-Shâfi’î dans al-Umm (« cela n’est pas permis ») a été comprise comme une interdiction par de grands savants anciens (al-Qaffâl, al-Ḥalîmî, al-Mâwardî, Ibn al-Rif’a, al-Adhra’î).
  4. On n’a trouvé aucune trace chez al-Râfi’î ou al-Nawawî affirmant explicitement que « le makrûh est l’avis retenu » pour le rasage. C’est une position des savants postérieurs.
  5. L’interdiction est un avis célèbre dans le madhhab (Ibn Ḥajar lui-même le reconnaît : « c’est l’avis sur lequel sont la plupart des tardifs »).
  6. Tous ceux qui ont explicitement dit que « le makrûh est l’avis adopté » sont des savants tardifs (à partir de Zakariyyâ al-Anṣârî, mort en 926 H).
  7. L’auteur conclut que l’affirmation « le makrûh est l’avis retenu » est une position tardive dans le madhhab, et que l’interdiction reste un avis fort et ancien, renforcé par le langage d’al-Nawawî lui-même dans Sharḥ Muslim.

Conclusion de l’auteur : Les hadiths authentiques ordonnent clairement de laisser la barbe intacte sans aucune modification. L’interdiction du rasage est un avis bien établi dans le madhhab shâfi’ite, même si de nombreux savants postérieurs ont penché vers la simple réprobation. L’auteur invite implicitement à suivre l’avis le plus proche des textes prophétiques et des premiers grands imams du madhhab.

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