Fiqh

Dire sadaqa allahou al adhim apres la lecture de coran est une innovation ?

Imad 1 mars 2026 6 min de lecture
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Louange à Allah, et que la prière et le salut soient sur le Messager d’Allah, sur sa famille, ses compagnons et ceux qui le suivent. Ensuite :

Certaines personnes disent : « Dire après avoir terminé la récitation : “Ṣadaqa llāhu l-ʿaẓīm” (Allah a dit vrai, le Très-Grand) est une innovation (bidʿa), et il n’est pas permis de le dire. »
Quelle est la réponse à cela ?

Réponse :
Dire “Ṣadaqa llāhu l-ʿaẓīm” de la part du récitant ou de l’auditeur après la fin de la lecture, ou lors de l’écoute d’un verset du Coran, n’est pas une innovation blâmable, pour les raisons suivantes :

  1. Il n’existe pas d’interdiction spécifique à ce sujet.
  2. C’est une évocation (dhikr) d’Allah, et le dhikr est abondamment ordonné.
  3. Des savants en ont parlé et y ont appelé, en le considérant comme une étiquette (adab) parmi les règles de récitation du Coran.
  4. Cette formule – ou une formule proche – apparaît dans la législation islamique. Voici des textes à l’appui :

Le Coran :

  1. Allah تعالى dit :
    « Dis : Allah a dit vrai, suivez donc la religion d’Ibrâhîm, monothéiste pur. » (Âl ʿImrân : 95)
  2. Et Il dit :
    « Lorsque les croyants virent les coalisés, ils dirent : “Voilà ce qu’Allah et Son Messager nous avaient promis ; Allah et Son Messager ont dit vrai.” » (Al-Aḥzâb : 22)

Les hadiths :

  1. Dans Ṣaḥîḥ al-Bukhârî :
    Un homme vint au Prophète ﷺ et dit : « Mon frère se plaint du ventre. »
    Il répondit : « Donne-lui du miel à boire. » (Plusieurs fois.)

  2. Puis l’homme revint en disant qu’il l’avait fait. Le Prophète ﷺ dit :
    « Allah a dit vrai, et le ventre de ton frère a menti ; donne-lui du miel. »
    Alors il lui en donna et il guérit.
  3. Ce qu’a rapporté al-Bayhaqî dans Shuʿab al-Îmân avec une formule contenant : « Allah a dit vrai… »
    Al-Bayhaqî a dit : la chaîne est faible, et il a mentionné que les gens du hadith peuvent être plus souples dans les invocations et les mérites des actes tant qu’il n’y a pas de menteur ou de fabricateur.
  4. L’usage par le Prophète ﷺ de cette expression comme dhikr, affirmation de vérité et éloge dans diverses situations prouve la permission.
    Par exemple : lorsque al-Ḥasan et al-Ḥusayn vinrent en trébuchant, le Prophète ﷺ descendit, les porta, puis dit : « Allah et Son Messager ont dit vrai », puis récita : « Vos biens et vos enfants ne sont qu’une tentation… » (hadith jugé حسن par at-Tirmidhî, et rapporté par d’autres).
  5. Chez an-Nasâ’î : le Prophète ﷺ dit au sujet du jeûne de trois jours par mois qu’il équivaut à jeûner toute l’année, puis dit : « Allah et Son Messager ont dit vrai », en lien avec le verset : « Celui qui vient avec une bonne action aura dix fois sa récompense. »
  6. Est aussi mentionné : dans des questions attribuées à ʿAbd Allah b. Salâm, qu’il dit que le début du Coran est « Bismi llāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm » et sa clôture « Ṣadaqa llāhu l-ʿaẓīm » ; puis il est cité qu’il conviendrait de le dire à la fin (avec des remarques rapportées).

Paroles de Compagnons :

  1. Dans le Musnad d’Aḥmad : Ibn Masʿûd rapporta un signe de Laylat al-Qadr, puis dit : « Allah a dit vrai et Son Messager a transmis. »
  2. Il est mentionné que ʿAlî رضي الله عنه dit à propos de certains événements : « Allah et Son Messager ont dit vrai. »
  3. Dans Sunan an-Nasâ’î : ʿAlî dit : « Allah et Son Messager ont dit vrai » au sujet du hadith : « La guerre est ruse. »
  4. Il est rapporté qu’Ibn ʿAbbâs, questionnant un homme, récita : « Nul ne sait sur quelle terre il mourra » puis dit : « Allah a dit vrai. »

Conclusion tirée : cette formule est employée comme confirmation et louange en différentes circonstances où l’on affirme la véracité.

Paroles de savants :

  1. Al-Qurṭubî mentionne dans l’introduction de son tafsîr que al-Ḥakîm at-Tirmidhî a compté parmi les règles de la récitation le fait de conclure en confirmant la parole d’Allah, par exemple : « Ṣadaqa llāhu l-ʿaẓīm », et de témoigner que le Messager ﷺ a transmis.
  2. Al-Qurṭubî cite aussi un passage où apparaît à la fin : « Ṣadaqa llāhu l-ʿaẓīm ».
  3. Dans des ouvrages de fiqh : il est rapporté que des hanafites et des shaféites ont dit que dire en prière des expressions comme « Ṣadaqa llāhu l-ʿaẓīm » ne rend pas la prière invalide si l’intention est le dhikr et la louange (car ce n’est pas une parole adressée à un humain). 
  4. Des références shaféites sont citées (Zakariyyâ al-Anṣârî, etc.), et d’autres commentaires indiquant qu’un énoncé de type “information” comme « Ṣadaqa llāhu l-ʿaẓīm » ne nuit pas.
  1. Al-Ghazâlî dans Iḥyâ’ ʿUlûm ad-Dîn : il mentionne qu’après la lecture, on peut dire : « Allah a dit vrai et le Messager d’Allah a transmis… » puis invoquer.
  1. Il est dit que certains savants (Ibn Kathîr, an-Naysâbûrî, an-Nawawî, Ibn al-Jawzî, al-Yâfiʿî…) terminaient parfois leurs citations par cette formule
  2. Ibn al-Qayyim dans Zâd al-Maʿâd mentionne un contexte où le Prophète ﷺ dit « Ṣadaqa llāhu l-ʿaẓīm » après avoir cité un verset.

7–12) Sont ensuite mentionnés plusieurs exemples d’usage de cette formule chez des exégètes et auteurs (Ibn Kathîr, ash-Shinqîṭî, as-Suyûṭî, etc.) dans leurs écrits, en conclusion d’un passage.

  1. Ibn al-Jazarî, dans an-Nashr fî al-Qirâ’ât al-ʿAshr, dit qu’il a vu des shuyûkh commencer l’invocation après le ختم par : « Ṣadaqa llāhu l-ʿaẓīm… », et il conclut qu’il n’y a pas de mal : tout ce qui relève de la glorification est une louange.

14–17) Sont cités d’autres livres d’adab et de tajwîd indiquant qu’il est recommandé au récitant, lorsqu’il termine, de dire : « Ṣadaqa llāhu l-ʿaẓīm » et des formules proches.

Avis mentionné à la fin :

On rapporte une réponse attribuée au cheikh al Fawzân :

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