Au nom d’Allah, et c’est Lui que l’on invoque contre les maux de cette époque…
Dans cet article, le savant Ahmed Zahir Salem répond avec fermeté à une tendance qu’il juge dangereuse : celle de certains prêcheurs et muftis contemporains qui accusent de « rigorisme » et d’« extrémisme » les musulmans qui refusent de féliciter les non-musulmans pour leurs fêtes religieuses (Noël, Pâques, etc.).
Le cœur du problème
Il critique particulièrement le docteur Majdi Ashour, ancien conseiller du mufti d’Égypte, qui prétend que l’interdiction de féliciter les chrétiens pour leurs fêtes religieuses est une position « nouvelle », apparue seulement après les mouvements islamiques « durs ».
Ahmed Zahir Salem répond que c’est faux. Cette interdiction est l’avis majoritaire et constant des grands savants des quatre écoles juridiques depuis des siècles, bien avant le salafisme ou le wahhabisme. Ibn al-Qayyim lui-même en a mentionné le consensus.
Le mensonge sur l’histoire
Il dénonce aussi une manipulation courante : certains affirment que le Coran parle de la naissance de Jésus (sur lui la paix), donc on peut célébrer Noël. Ahmed Zahir Salem réplique que ce n’est pas la question. Le vrai problème n’est pas de reconnaître la naissance de Jésus, mais de participer à une fête religieuse chrétienne en félicitant les chrétiens ce jour-là.
Il rappelle que les quatre écoles ont toujours interdit cette pratique, même chez des savants qui n’étaient pas salafis.
Féliciter, c’est participer ?
Il rejette la distinction que font certains entre « féliciter » et « participer ». Pour lui, dire « Joyeux Noël » ou « Que cette année t’apporte le bonheur » est déjà une forme de participation affective et de réconfort au non-musulman le jour de sa fête religieuse. Cela revient à lui faire plaisir à cause de son acte de mécréance, ce qui est interdit.
La position d’Habib Ali al-Jifri
Il critique ensuite directement Habib Ali al-Jifri, qui reconnaît que les anciens savants interdisaient ces félicitations, mais qui affirme que :
- la raison de l’interdiction était que cela pouvait signifier l’agrément de la religion chrétienne à l’époque ;
- aujourd’hui, ce n’est plus le cas : ce n’est plus qu’une simple « gentillesse » sans signification religieuse ;
- donc l’interdiction tombe, et ces félicitations seraient même devenues recommandées (mustahabb) au nom de la bonté et de la justice (verset 60:8).
Ahmed Zahir Salem juge cette position fausse et audacieuse. Selon lui :
- l’interdiction ne repose pas seulement sur « l’agrément » de la religion ;
- elle repose aussi sur l’imitation des mécréants, sur le fait de leur procurer de la joie le jour de leur fête religieuse, et sur le risque de faire apparaître les rites du christianisme dans les pays musulmans ;
- le verset 60:8 parle de licéité, pas de recommandation. Dire que c’est « mustahabb » est une exagération grave.