Quel est la preuve que le califat et l’imamat reviennent à ‘Alî ibn Abî Tâlib ?!
Bien sûr, ils te diront : le hadith de Ghadîr Khumm.
Question : est-ce une preuve claire et explicite (délégation explicite), ou une preuve implicite et allusive ?
Ils diront certainement : c’est un hadith clair et explicite.
Or l’imam ‘Alî — comme vous le prétendez — a dit : il l’a donc envoyé — c’est-à-dire notre maître Muhammad صلى الله عليه وسلم — par allusion et non par formulation explicite ; et il a établi la preuve d’Allah par allusion, non par formulation explicite, par sa parole concernant son légataire : « Celui dont je suis le maître (mawlâ), alors ‘Alî est son maître ; et il est pour moi à la position de Hârûn par rapport à Mûsâ, sauf qu’il n’y a pas de prophète après moi. »
N’est-ce pas, de leur part, un aveu que le Prophète n’a pas déclaré explicitement aux Compagnons l’imamat de ‘Alî ibn Abî Tâlib ?!
Al-Murtadâ a dit : « Le texte implicite (an-nass al-khafî), c’est celui dont l’énoncé explicite ne contient pas le terme “désignation de l’imamat” ; cela se comprend plutôt par son contenu et son sens, comme dans Ghadîr Khumm et le récit de Tabûk. »
Rasâ’il al-Murtadâ (1/339)
Et alors même que les duodécimains (les Ithnâ ‘Ashariyya) s’imposent l’existence d’un texte clair et explicite (an-nass al-jalî) pour connaître l’imam.
At-Tûsî dit : « Ils ont divergé sur la manière de connaître l’imam après s’être accordés sur le fait que c’est uniquement le texte (an-nass) venant d’Allah تعالى, ou de celui qui a été désigné par Allah تعالى, et rien d’autre. Les Duodécimains et les Kaysâniyya ont dit : cela ne se fait que par un texte clair et explicite, et rien d’autre. »
(Qawâ‘id al-‘Aqâ’id d’at-Tûsî)