« Les écoles hanafite et malikite considère que si le jour de l’Aïd coïncide avec le jour du vendredi, l’une des deux prières ne dispense pas de l’autre.
C’est également la position de l’école chaféite, à l’exception près qu’elle accorde une permission aux habitants des villages (éloignés) ayant entendu l’appel et assisté à la prière de l’Aïd de ne pas assister à la prière du vendredi.
Il est mentionné dans l’ouvrage Al-Moughni d’Ibn Qudamah : « Si l’Aïd tombe un vendredi, l’obligation d’assister au vendredi tombe pour celui qui a prié l’Aïd, sauf pour l’Imam ; elle ne tombe pas pour lui, à moins qu’il ne trouve personne pour prier le vendredi avec lui. Il a été dit aussi qu’il existe deux versions concernant l’obligation pour l’Imam. »
Il a également été rapporté de lui [Ibn Qudamah] que si la prière du vendredi est accomplie à l’heure de l’Aïd, elle remplace la prière de l’Aïd, cela étant basé sur son opinion autorisant l’avancement de la prière du vendredi avant le zénith (Az-Zawal).
Cheikh al-Islam Ibn Taymiyya (qu’Allah lui fasse miséricorde) a été interrogé à ce sujet et a répondu :
« Louange à Allah. Si le vendredi et l’Aïd se réunissent le même jour, les savants ont trois avis à ce propos :
- Le premier : Le vendredi est obligatoire pour celui qui a assisté à l’Aïd, comme pour tous les autres vendredis, en raison des textes généraux prouvant l’obligation du vendredi.
- Le deuxième : Elle tombe pour les gens de la campagne (les bédouins et ceux vivant en périphérie), car Othman ibn Affan leur a accordé la permission de délaisser le vendredi après qu’il a dirigé pour eux la prière de l’Aïd.
- Le troisième avis, qui est le correct : Celui qui assiste à l’Aïd est dispensé du vendredi. Cependant, l’Imam doit impérativement établir la prière du vendredi pour que ceux qui souhaitent y assister ou ceux qui n’ont pas fait l’Aïd puissent le faire. C’est ce qui est rapporté du Prophète (صلى الله عليه وسلم) et de ses compagnons, tels qu’Omar, Othman, Ibn Mas’oud, Ibn Abbas, Ibn az-Zoubayr et d’autres. Aucune divergence n’est connue chez les Compagnons sur ce point.
Les tenants des deux premiers avis n’avaient pas eu connaissance de la Sunna du Prophète (صلى الله عليه وسلم) à ce sujet : lorsque deux Aïds se sont réunis durant sa vie, il a prié l’Aïd puis a donné la permission de ne pas faire le vendredi. Dans une version, il a dit : ‘Ô gens ! Vous avez obtenu un bien, celui qui veut assister au vendredi qu’il le fasse, quant à nous, nous allons l’accomplir’.
De plus, en assistant à l’Aïd, l’objectif du rassemblement est atteint. Ensuite, celui qui n’assiste pas au vendredi prie le Dohr à son heure, et l’Aïd remplit alors l’objectif du vendredi. Imposer le vendredi aux gens serait une contrainte pour eux et gâcherait l’objectif de leur fête, ainsi que la joie et la détente qui leur ont été prescrites.
Si on les retient pour cela, l’esprit de l’Aïd s’en trouve annulé. Enfin, le vendredi est une fête, et le jour du Fitr ou du Sacrifice est une fête ; or, il est de coutume chez le Législateur que lorsque deux adorations de même nature se réunissent, l’une s’insère dans l’autre, tout comme les ablutions s’insèrent dans le grand lavage (Ghusl). Et Allah sait mieux. » »