Fiqh

La permission de l’élévation des tombes

Imad 1 mars 2026 8 min de lecture
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Preuve provenant de la Sunna de l’autorisation 

Dans le Sahīh de al-Boukhārī, Kharja ibn Zayd rapporte :

« Je me suis vu, nous, les jeunes gens, à l’époque de ‘Othmân (qu’Allāh soit satisfait de lui), et que celui de nous qui avait le plus grand bond, c’était le plus fort d’entre nous, qui bondissait par-dessus la tombe de ‘Othmân ibn Maẓ‘ūn jusqu’à la dépasser. Or, le Prophète (que la prière et le salut d’Allāh soient sur lui) avait posé une pierre sur sa tombe. »

Le fait qu’un jeune homme vigoureux et fort ne puisse bondir par-dessus la tombe, sauf en étant très vaillant, indique clairement que cette tombe était élevée, de grande taille et aux flancs écartés, et cela ne peut se produire si la tombe était composée uniquement de terre, ni exclusivement de la pierre posée dessus, pour les raisons suivantes :


Raisons pratiques de la construction sur les tombes

Les gens ont été conduits à construire sur les tombes pour les protéger des voleurs, des bêtes sauvages, de l’écoulement de l’eau, et de bien d’autres choses encore.

Les auteurs du madhhab châfi‘ite disent dans Fatḥ al-‘Alām de al-Jurdānī :

« Il est permis de construire sur les tombes, par crainte du voleur et des bêtes sauvages, même avec une sépulture couverte, et il est permis d’y écrire afin de reconnaître le tombeau visité, et c’est pourquoi un testament prévoyant un dôme au-dessus de la tombe de la personne pieuse, et les lieux de repos des personnes pieuses, est valable, et ces lieux ne doivent pas être détruits. »

Concernant la permission de construire sur les tombes sans blâme, voici ce qu’a ordonné al-Baḥīrī, qui est parmi les imâms du châfi‘isme, dans sa note marginale sur le Chârḥ du Khaṭīb sur le texte de Abū Shujā‘ :

« Il est permis de construire sur les tombes, sans aucune répugnance religieuse. »

Et le châfi’ite al-Barmāwī affirme la permission de construire sur les tombes des prophètes, des martyrs, des pieux et de gens semblables à eux.

De même, les hanbalites admettent cela, et selon la doctrine hanafite, la fatwa adoptée est la permission de construire sur les tombes, en considérant qu’il n’y a aucun mal à cela (al-Lubāb, chârḥ al-Kitāb), et ils attribuent cela au livre Tânīr al-Abṣār du cheikh de l’islam hanafite Muhammad ibn ‘Abd Allāh al-Tirmidhī (al-Tamurtaş).

Quant aux malékites, dans le commentaire de l’imām Muhammad ibn Hammūdūn sur le Chârḥ de Mayyāra ibn ‘Āshir, dans le texte al-Qayrawāniyya et ses commentaires, il est dit que la construction sur les tombes est permise si l’on vise par là la distinction (le marquage).


L’imām ar-Raḥmāniyy déclare :

« Il est permis de construire la tombe des pieux, même sous un dôme, pour relancer la visite et la bénédiction (at-tabarrouk). »

L’imām Al-Khallīl, dans son Mukhtaṣar (commentant le fait de construire sur la tombe), dit :

« Il est permis pour la distinction (li-t-tamyīz). »

Al-Kharshī, dans son commentaire de ce texte, explique :

« Si le but de la construction est la protection de la tombe et sa distinction, alors c’est permis, et cela vaut aussi bien que le terrain soit un bien propre, que ce soit un bien commun, ou qu’il s’agisse d’un terrain cimetière, comme on le comprend du propos de al-Lakhmī et d’autres auteurs. »

En effet, la cause de l’interdiction et de l’interdiction de construire sur les tombes, c’est l’intention de la fierté, de la vantardise et de la recherche de la réputation. Or, quand la construction est faite pour la distinction, cette cause disparaît, et le jugement tourne autour de la cause, qu’elle existe ou qu’elle disparaisse.

Ibn Bashīr ajoute :

« Il est interdit de construire les tombes de manière à impliquer la vantardise…
Mais quant à la construction qui ne rentre pas dans le cadre de la vantardise,

Et il est probable que, dès que le but visé est la distinction de la tombe par rapport aux autres, il n’y a pas de répugnance, et que cette répugnance n’est évoquée dans le Moudawwana que pour la construction qui n’a pas pour but de l’être une marque (signe).

Autrement, comment pourrait-on blâmer ce qui permet à l’homme de reconnaître la tombe de son proche, de distinguer le tombeau de façon qu’il soit honoré, et qu’on n’y creuse pas dessus s’il fallait un autre tombeau ? »


la hauteur de la tombe selon la tradition

Le plus grand argument en faveur de l’élévation des tombes, c’est que, selon leur propre interprétation, « la tombe » ne doit dépasser qu’un empan. Or, s’ils avaient pris le hadith à la lettre (« ne dépasse pas la tombe d’un empan »), ils auraient nivelé les tombes, et ce serait en contradiction avec d’autres hadiths parlant du « Tassnīm », et de l’élévation à la fois considérable et légère. [Note : le hadith dit « Rasoullahu salallahu alayhi wa sallama »]

Mais la solution proposée par les savants est de considérer la parole « sawwāytuhā » (je l’ai nivelée) comme une interprétation de « qabra mushrifan illā sawwāytuhā », c’est-à-dire que cela signifie : « je l’ai redressée », « je l’ai mise droite », comme l’expression du Coran :

« alâ idhā sawaytuhu wa nafakhtu fīhi min rūhī » (quand je l’aurai remanié, et que j’y aurai insufflé de Mon esprit) [ḥadīth]

Ainsi, le sens du hadith serait :

« J’ai redressé la tombe élevée, en en faisant une tombe plane. »

L’imām an-Nawawī dit :

« La réponse, c’est ce à quoi ont répondu nos compagnons : il n’a pas voulu par là l’égaliser au niveau du sol, mais il a voulu l’aplatir, c’est-à-dire aplanir son élévation, afin de concilier les divers hadiths. »

Bachir El Mahmoud

23 octobre 2018 ·

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