Tafsir

Des propriétés spécifiques du Coran

Imad 4 avril 2026 18 min de lecture
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كتاب الإتقان في علوم القرآن : Le livre « La Perfection dans les sciences du Coran »

الجلال السيوطي : Jalâl al-Dîn al-Suyûṭî

Un groupe de savants lui a consacré des ouvrages spécifiques, parmi lesquels al-Tamîmî, Hujjat al-Islâm al-Ghazâlî, et parmi les savants plus tardifs, al-Yâfi’î. La plupart de ce qui est mentionné à ce sujet repose sur les expériences des pieux (tajârib al-ṣâliḥîn). Je vais commencer par ce qui a été rapporté à ce propos dans les hadiths, puis je sélectionnerai des passages choisis parmi ce qu’ont mentionné les pieux prédécesseurs (salaf) et les vertueux :

Ibn Mâjah et d’autres ont rapporté d’après le hadith d’Ibn Mas’ûd : « Attachez-vous aux deux remèdes : le miel et le Coran. »

Il a également rapporté d’après le hadith de ‘Alî : « Le meilleur des remèdes est le Coran. »

Abû ‘Ubayd a rapporté d’après Ṭalḥa ibn Muṣarrif qui a dit : « On disait que lorsque le Coran était récité auprès d’un malade, celui-ci en ressentait un soulagement. »

Al-Bayhaqî a rapporté dans al-Shu’ab d’après Wâthila ibn al-Asqa’ qu’un homme se plaignit au Prophète ﷺ d’un mal de gorge. Il dit : « Adonne-toi à la récitation du Coran. »

Ibn Mardawayh a rapporté d’après Abû Sa’îd al-Khudrî qui a dit : Un homme vint au Prophète ﷺ et dit : « Je souffre de la poitrine. » Il dit : « Récite le Coran », en raison de la parole d’Allah — Exalté soit-Il — : {وَشِفَاءٌ لِمَا فِي الصُّدُورِ} (« et une guérison pour ce qui est dans les poitrines ») [Yûnus : 57].

Al-Bayhaqî et d’autres ont rapporté d’après le hadith de ‘Abdullâh ibn Jâbir : « Dans la Fâtiḥa (l’Ouverture du Livre) se trouve une guérison contre toute maladie. »

Al-Khula’î a rapporté dans ses Fawâ’id d’après le hadith de Jâbir ibn ‘Abdillâh : « La Fâtiḥa est une guérison contre toute chose, sauf al-sâm. » Et al-sâm, c’est la mort.

Sa’îd ibn Manṣûr, al-Bayhaqî et d’autres ont rapporté d’après le hadith d’Abû Sa’îd al-Khudrî : « La Fâtiḥa est une guérison contre le poison. »

Al-Bukhârî a rapporté d’après son hadith également, il dit : « Nous étions en voyage et nous fîmes halte. Une jeune fille vint et dit : « Le chef du clan a été piqué (par un scorpion), avez-vous quelqu’un qui pratique la ruqya ? » Un homme se leva avec elle et lui fit la ruqya avec Umm al-Qur’ân (la Fâtiḥa), et il guérit. Cela fut mentionné au Prophète ﷺ qui dit : « Comment savait-il que c’était une ruqya ? » »

Al-Ṭabarânî a rapporté dans al-Awsaṭ d’après al-Sâ’ib ibn Yazîd qui dit : « Le Messager d’Allah ﷺ me fit une incantation protectrice (ta’wîdh) avec la Fâtiḥa en soufflant légèrement (taflan). »

Al-Bazzâr a rapporté d’après le hadith d’Anas : « Lorsque tu poses ton flanc sur le lit et que tu récites la Fâtiḥa et « Qul Huwa Allâhu Aḥad » (sourate al-Ikhlâṣ), tu es protégé de toute chose, sauf de la mort. »

Muslim a rapporté d’après le hadith d’Abû Hurayra : « La maison dans laquelle on récite sourate al-Baqara, le diable n’y entre pas. »

‘Abdullâh ibn Aḥmad a rapporté dans les Zawâ’id du Musnad avec une chaîne de transmission bonne (ḥasan), d’après Ubayy ibn Ka’b qui dit : « J’étais auprès du Prophète ﷺ lorsqu’un bédouin vint et dit : « Ô Prophète d’Allah, j’ai un frère qui souffre d’un mal. » Il dit : « Quel est son mal ? » Il dit : « Il est atteint de troubles (lamam, possession légère). » Il dit : « Amène-le moi. » Il le plaça devant lui et le Prophète ﷺ lui fit une incantation protectrice avec :

{فَتَعَالَى اللَّهُ الْمَلِكُ الْحَقُّ} (Exalté soit Allah, le Roi, le Vrai) [al-Mu’minûn : 116],

et un verset de sourate al-Jinn : {وَأَنَّهُ تَعَالَى جَدُّ رَبِّنَا} (Et que la grandeur de notre Seigneur est exaltée) [al-Jinn : 3],

et les dix premiers versets de sourate al-Ṣâffât,

et les trois derniers versets de sourate al-Ḥashr,

et « Qul Huwa Allâhu Aḥad » (sourate al-Ikhlâṣ),

et les deux sourates protectrices (al-Mu’awwidhatayn : al-Falaq et al-Nâs).

L’homme se leva comme s’il n’avait jamais souffert de quoi que ce soit. »


Al-Dârimî a rapporté d’après Ibn Mas’ûd, en tant que parole arrêtée (mawqûf) : « Quiconque récite les quatre premiers versets de sourate al-Baqara, Âyat al-Kursî, les deux versets qui suivent Âyat al-Kursî, et les trois derniers versets de sourate al-Baqara — aucun démon ne s’approchera de lui ni de sa famille ce jour-là, et rien de ce qu’il déteste ne l’atteindra. Et elles ne sont pas récitées sur un possédé sans qu’il ne reprenne ses esprits. »


Al-Bukhârî a rapporté d’après Abû Hurayra, dans l’histoire de l’aumône (ṣadaqa) : « Le djinn lui dit : « Lorsque tu te retires dans ton lit, récite Âyat al-Kursî, car tu auras alors continuellement un protecteur de la part d’Allah, et aucun démon ne t’approchera jusqu’au matin. » Le Prophète ﷺ dit alors : « Il t’a dit vrai, bien qu’il soit un grand menteur. » »

Al-Maḥâmilî a rapporté dans ses Fawâ’id d’après Ibn Mas’ûd qui dit : Un homme dit : « Ô Messager d’Allah, enseigne-moi quelque chose dont Allah me fera bénéficier. » Il dit : « Récite Âyat al-Kursî, car elle te protégera, toi, ta descendance et ta maison, jusqu’aux petites maisons autour de ta maison. »


Al-Daynawarî a rapporté dans al-Mujâlasa d’après al-Ḥasan que le Prophète ﷺ dit : « Jibrîl est venu à moi et m’a dit : « Un démon parmi les djinns te tend des pièges. Lorsque tu te retires dans ton lit, récite Âyat al-Kursî. » »


Dans al-Firdaws, d’après le hadith d’Abû Qatâda : « Quiconque récite Âyat al-Kursî lors d’une affliction, Allah le secourra. »


Al-Dârimî a rapporté d’après al-Mughîra ibn Subay’ — qui était parmi les compagnons de ‘Abdullâh (ibn Mas’ûd) — il dit : « Quiconque récite dix versets de sourate al-Baqara au moment de dormir n’oubliera pas le Coran : quatre du début, Âyat al-Kursî, deux versets après elle, et trois de la fin. »


Al-Daylamî a rapporté d’après le hadith d’Abû Hurayra, élevé (marfû’) au Prophète ﷺ : « Deux versets qui sont du Coran, qui guérissent, et qu’Allah aime : les deux derniers versets de sourate al-Baqara. »


Al-Ṭabarânî a rapporté d’après Mu’âdh que le Prophète ﷺ lui dit : « Ne veux-tu pas que je t’enseigne une invocation par laquelle, même si tu avais une dette aussi grande que la montagne Ṣabîr, Allah l’acquitterait pour toi ? Dis : {قُلِ اللَّهُمَّ مَالِكَ الْمُلْكِ تُؤْتِي الْمُلْكَ مَنْ تَشَاءُ} (Dis : « Ô Allah, Maître de la royauté, Tu donnes la royauté à qui Tu veux… ») jusqu’à Sa parole : {بِغَيْرِ حِسَابٍ} (sans compter) [Âl ‘Imrân : 26-27]. Ô Toi le Miséricordieux de ce monde et de l’au-delà et Celui qui fait miséricorde dans les deux, Tu donnes à qui Tu veux d’entre eux et Tu prives qui Tu veux. Accorde-moi une miséricorde qui me dispense de la miséricorde de quiconque autre que Toi. »


Al-Bayhaqî a rapporté dans al-Da’awât d’après Ibn ‘Abbâs : « Si la monture de l’un d’entre vous devient rétive ou capricieuse, qu’il récite ce verset dans ses oreilles : {أَفَغَيْرَ دِينِ اللَّهِ يَبْغُونَ وَلَهُ أَسْلَمَ مَنْ فِي السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ طَوْعًا وَكَرْهًا وَإِلَيْهِ يُرْجَعُونَ} (Désirent-ils une autre religion que celle d’Allah, alors que se soumet à Lui, bon gré mal gré, tout ce qui existe dans les cieux et sur la terre, et c’est vers Lui qu’ils seront ramenés) [Âl ‘Imrân : 83]. »


Al-Bayhaqî a rapporté dans al-Shu’ab avec une chaîne contenant des rapporteurs inconnus, d’après ‘Alî, en tant que parole arrêtée (mawqûf) : « Sourate al-An’âm n’est pas récitée sur un malade sans qu’Allah ne le guérisse. »


Ibn al-Sunnî a rapporté d’après Fâṭima que le Messager d’Allah ﷺ, lorsque son accouchement approcha, ordonna à Umm Salama et Zaynab bint Jaḥsh de venir et de réciter auprès d’elle Âyat al-Kursî et {إِنَّ رَبَّكُمُ اللَّهُ} (Certes, votre Seigneur est Allah…) [al-A’râf : 54], et de lui faire une incantation protectrice avec les deux sourates protectrices (al-Mu’awwidhatayn).


Ibn al-Sunnî a également rapporté d’après le hadith d’al-Ḥusayn ibn ‘Alî : « Une protection pour ma communauté contre la noyade lorsqu’ils embarquent est de dire : {بِسْمِ اللَّهِ مَجْرَاهَا وَمُرْسَاهَا إِنَّ رَبِّي لَغَفُورٌ رَحِيمٌ} (Au nom d’Allah sera sa course et son ancrage. Certes, mon Seigneur est Pardonneur et Miséricordieux) [Hûd : 41] et {وَمَا قَدَرُوا اللَّهَ حَقَّ قَدْرِهِ} (Ils n’ont pas estimé Allah à sa juste valeur…) [al-An’âm : 91]. »


Ibn Abî Ḥâtim a rapporté d’après Layth qui dit : « Il m’est parvenu que ces versets sont une guérison contre la sorcellerie ; on les récite dans un récipient contenant de l’eau, puis on la verse sur la tête de l’ensorcelé :


Al-Ḥâkim et d’autres ont rapporté d’après le hadith d’Abû Hurayra : « Jamais une affaire ne m’affligea sans que Jibrîl ne m’apparaisse et dise : « Ô Muḥammad, dis : Je m’en remets au Vivant qui ne meurt pas ; {وَقُلِ الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي لَمْ يَتَّخِذْ وَلَدًا وَلَمْ يَكُنْ لَهُ شَرِيكٌ فِي الْمُلْكِ وَلَمْ يَكُنْ لَهُ وَلِيٌّ مِنَ الذُّلِّ وَكَبِّرْهُ تَكْبِيرًا} (Et dis : Louange à Allah qui ne S’est pas donné d’enfant, qui n’a pas d’associé dans la royauté, et qui n’a pas besoin de protecteur contre l’humiliation. Et proclame Sa grandeur) » [al-Isrâ’ : 111]. »


Al-Ṣâbûnî a rapporté dans al-Mi’atayn d’après le hadith d’Ibn ‘Abbâs, élevé (marfû’) au Prophète ﷺ : « Ce verset est une protection contre le vol : {قُلِ ادْعُوا اللَّهَ أَوِ ادْعُوا الرَّحْمَنَ} (Dis : « Invoquez Allah ou invoquez le Tout Miséricordieux… ») jusqu’à la fin de la sourate [al-Isrâ’ : 110-111]. »


Al-Bayhaqî a rapporté dans al-Da’awât d’après le hadith d’Anas : « Allah n’accorde pas à un serviteur une grâce concernant sa famille, ses biens ou ses enfants, et que celui-ci dise : « Mâ châ’a Allâh, lâ quwwata illâ billâh » (Ce qu’Allah a voulu, il n’y a de force qu’en Allah), sans qu’il ne voie en cela un malheur avant la mort. »


Al-Dârimî et d’autres ont rapporté par la voie de ‘Abda ibn Abî Lubâba, d’après Zirr ibn Ḥubaysh qui dit : « Quiconque récite la fin de sourate al-Kahf à l’heure où il souhaite se lever pour prier la nuit, il se réveillera à cette heure-là. » ‘Abda dit : « Nous l’avons essayé et nous l’avons trouvé ainsi. »

Al-Tirmidhî et al-Ḥâkim ont rapporté d’après Sa’d ibn Abî Waqqâṣ : « L’invocation de Dhû al-Nûn (le compagnon du poisson, c’est-à-dire le prophète Yûnus) lorsqu’il invoqua alors qu’il était dans le ventre du poisson : {لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ سُبْحَانَكَ إِنِّي كُنْتُ مِنَ الظَّالِمِينَ} (Il n’y a de divinité que Toi, gloire à Toi, j’ai été parmi les injustes) [al-Anbiyâ’ : 87] — aucun homme musulman n’invoque par elle pour quoi que ce soit sans qu’Allah ne l’exauce. »

Et d’après Ibn al-Sunnî : « Je connais certes une parole qu’aucune personne affligée ne prononce sans que son affliction ne soit dissipée : la parole de mon frère Yûnus : {فَنَادَى فِي الظُّلُمَاتِ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا أَنْتَ سُبْحَانَكَ إِنِّي كُنْتُ مِنَ الظَّالِمِينَ} (Puis il appela dans les ténèbres : « Il n’y a de divinité que Toi, gloire à Toi, j’ai été parmi les injustes »). »


Al-Bayhaqî, Ibn al-Sunnî et Abû ‘Ubayd ont rapporté d’après Ibn Mas’ûd qu’il récita dans l’oreille d’une personne éprouvée (possédée) et celle-ci reprit ses esprits. Le Messager d’Allah ﷺ dit : « Qu’as-tu récité dans son oreille ? » Il dit : « {أَفَحَسِبْتُمْ أَنَّمَا خَلَقْنَاكُمْ عَبَثًا} (Pensiez-vous que Nous vous avions créés sans but…) jusqu’à la fin de la sourate [al-Mu’minûn : 115-118]. » Il dit : « Si un homme croyant la récitait sur une montagne, elle s’effondrerait. »


Al-Daylamî et Abû al-Shaykh ibn Ḥayyân ont rapporté dans ses Faḍâ’il d’après le hadith d’Abû Dharr : « Aucun mourant ne meurt alors qu’on récite auprès de lui sourate Yâ-Sîn sans qu’Allah ne lui facilite (l’agonie). »


Al-Maḥâmilî a rapporté dans ses Amâlî d’après le hadith de ‘Abdullâh ibn al-Zubayr : « Quiconque place sourate Yâ-Sîn devant un besoin, celui-ci lui sera accordé. » Et il a un témoin (shâhid) mursal rapporté par al-Dârimî.


Dans al-Mustadrak, d’après Abû Ja’far Muḥammad ibn ‘Alî qui dit : « Quiconque ressent une dureté dans son cœur, qu’il écrive sourate Yâ-Sîn dans un bol avec de l’eau de rose et du safran, puis qu’il le boive. »


Ibn al-Ḍurayṣ a rapporté d’après Abû Sa’îd ibn Jubayr qu’il récita sourate Yâ-Sîn sur un homme possédé, et celui-ci guérit.


Il a également rapporté d’après Yaḥyâ ibn Abî Kathîr qui dit : « Quiconque récite sourate Yâ-Sîn le matin,

il demeurera dans la joie jusqu’au soir. Et quiconque la récite le soir demeurera dans la joie jusqu’au matin. Celui qui a expérimenté cela nous l’a confirmé. »


Al-Tirmidhî a rapporté d’après le hadith d’Abû Hurayra : « Quiconque récite sourate al-Dukhân (La Fumée) en entier, le début de sourate Ghâfir jusqu’à {إِلَيْهِ الْمَصِيرُ} (vers Lui est le retour) [Ghâfir : 3], et Âyat al-Kursî le soir, sera protégé jusqu’au matin. Et quiconque les récite le matin sera protégé jusqu’au soir. » Al-Dârimî l’a rapporté avec la formulation : « Il ne verra rien qu’il déteste. »


Al-Bayhaqî, al-Ḥârith ibn Abî Usâma et Abû ‘Ubayd ont rapporté d’après Ibn Mas’ûd, élevé (marfû’) au Prophète ﷺ : « Quiconque récite chaque nuit sourate al-Wâqi’a ne sera jamais frappé par la pauvreté. »


Al-Bayhaqî a rapporté dans al-Da’awât d’après Ibn ‘Abbâs, en tant que parole arrêtée (mawqûf), concernant la femme qui a un accouchement difficile, il dit : « On écrit sur un papier, puis on le lui fait boire (dissous dans l’eau) :

« Bismillâh alladhî lâ ilâha illâ Huwa, al-Ḥalîm al-Karîm. Subḥân Allâhi wa ta’âlâ Rabbi al-‘Arsh al-‘Aẓîm. Al-ḥamdu lillâhi Rabbi al-‘âlamîn »

(Au nom d’Allah, Celui en dehors duquel il n’y a pas de divinité, le Doux, le Généreux. Gloire à Allah, Exalté soit-Il, le Seigneur du Trône immense. Louange à Allah, Seigneur des mondes.)

{كَأَنَّهُمْ يَوْمَ يَرَوْنَهَا لَمْ يَلْبَثُوا إِلَّا عَشِيَّةً أَوْ ضُحَاهَا} (Le jour où ils la verront, il leur semblera n’être restés qu’un soir ou un matin) [al-Nâzi’ât : 46]

{كَأَنَّهُمْ يَوْمَ يَرَوْنَ مَا يُوعَدُونَ لَمْ يَلْبَثُوا إِلَّا سَاعَةً مِنْ نَهَارٍ بَلَاغٌ فَهَلْ يُهْلَكُ إِلَّا الْقَوْمُ الْفَاسِقُونَ} (Le jour où ils verront ce qui leur est promis, il leur semblera n’être restés qu’une heure d’un jour. Ceci est une communication. Seront-ils donc détruits sinon les gens pervers ?) [al-Aḥqâf : 35]. »


Abû Dâwûd a rapporté d’après Ibn ‘Abbâs qui dit : « Lorsque tu ressens quelque chose en toi-même — c’est-à-dire les suggestions sataniques (waswasa) — dis : {هُوَ الْأَوَّلُ وَالْآخِرُ وَالظَّاهِرُ وَالْبَاطِنُ وَهُوَ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمٌ} (C’est Lui le Premier et le Dernier, l’Apparent et le Caché, et Il est Omniscient de toute chose) [al-Ḥadîd : 3]. »


Al-Ṭabarânî a rapporté d’après ‘Alî qui dit : « Un scorpion piqua le Prophète ﷺ. Il demanda de l’eau et du sel, se mit à frotter (l’endroit de la piqûre), et récita : {قُلْ يَا أَيُّهَا الْكَافِرُونَ} (Dis : « Ô vous les mécréants ») [sourate al-Kâfirûn], {قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ الْفَلَقِ} (Dis : « Je cherche refuge auprès du Seigneur de l’aube ») [sourate al-Falaq], et {قُلْ أَعُوذُ بِرَبِّ النَّاسِ} (Dis : « Je cherche refuge auprès du Seigneur des hommes ») [sourate al-Nâs]. »


Abû Dâwûd, al-Nasâ’î, Ibn Ḥibbân et al-Ḥâkim ont rapporté d’après Ibn Mas’ûd que le Prophète ﷺ « réprouvait les incantations (ruqya), sauf avec les Mu’awwidhât (les sourates protectrices). »

Al-Tirmidhî et al-Nasâ’î ont rapporté d’après Abû Sa’îd : « Le Messager d’Allah ﷺ se protégeait contre les djinns et le mauvais œil des humains, jusqu’à ce que les deux sourates protectrices (al-Mu’awwidhatayn) furent révélées. Il les adopta alors et abandonna tout le reste. »


Voilà ce que j’ai pu trouver concernant les propriétés (spécifiques du Coran) parmi les hadiths qui n’atteignent pas le degré de fabrication (waḍ’), ainsi que parmi les paroles arrêtées (mawqûfât) des Compagnons et des Successeurs (Tâbi’ûn).

Quant à ce qui n’est rapporté par aucune tradition, les gens en ont mentionné énormément, et Allah sait mieux ce qui en est authentique.


Parmi les récits subtils, Ibn al-Jawzî a rapporté d’après Ibn Nâṣir, d’après ses maîtres, d’après Maymûna bint Shâqûl al-Baghdâdiyya qui dit : « Un voisin nous causait du tort. Je priai deux rak’a et récitai le premier verset de chaque sourate jusqu’à compléter le Coran, puis je dis : « Ô Allah, épargne-nous son affaire. » Puis je dormis. Lorsque j’ouvris les yeux, voilà qu’il était descendu au moment du saḥar (avant l’aube), son pied avait glissé, il était tombé et était mort. »


Remarque importante (Tanbîh)

Ibn al-Tîn a dit : « L’incantation (ruqya) par les Mu’awwidhât et les autres noms d’Allah — Exalté soit-Il — constitue la médecine spirituelle. Lorsqu’elle est prononcée par la langue des pieux parmi les créatures, la guérison survient par la permission d’Allah. Mais lorsque ce type (de personnes pieuses) se fit rare, les gens se tournèrent vers la médecine corporelle. »

Je dis (al-Suyûṭî) : Cela est indiqué par la parole du Prophète ﷺ : « Si un homme convaincu (mûqin) la récitait sur une montagne, elle s’effondrerait. »


Al-Qurṭubî a dit : « L’incantation (ruqya) par la parole d’Allah et Ses noms est permise. Si elle est rapportée (par la tradition), elle est recommandée (mustaḥabb). »


Al-Rabî’ a dit : « J’ai interrogé al-Châfi’î sur l’incantation (ruqya). Il dit : « Il n’y a pas de mal à faire la ruqya avec le Livre d’Allah et ce qui est connu du dhikr d’Allah. » »


Ibn Baṭṭâl a dit : « Dans les Mu’awwidhât se trouve un secret qui n’existe pas dans le reste du Coran, en raison de ce qu’elles contiennent.de ce qu’elles contiennent comme invocations globales qui englobent la plupart des maux : la sorcellerie, l’envie, le mal du diable et ses suggestions, et bien d’autres choses. C’est pour cela que le Prophète ﷺ s’en contentait. »


Ibn al-Qayyim a dit concernant le hadith de l’incantation par la Fâtiḥa : « S’il est établi que certaines paroles possèdent des propriétés et des bienfaits, que penser alors de la Parole du Seigneur des mondes ? Et que dire de la Fâtiḥa, dont il n’a été révélé d’équivalent ni dans le Coran ni dans aucun autre Livre, car elle contient la totalité de ce qui se trouve dans le Livre ?

Elle renferme en effet la mention des fondements des noms d’Allah et leur synthèse, l’affirmation du Jour dernier, la mention de l’unicité divine (tawḥîd), le besoin impérieux du serviteur envers son Seigneur pour implorer Son aide et Sa guidance, et la mention de la meilleure des invocations : demander la guidance vers le droit chemin — lequel implique la connaissance parfaite d’Allah, Son unicité, Son adoration par l’accomplissement de Ses ordres et l’évitement de Ses interdits, et la constance sur cela.

Elle contient également la mention des catégories de créatures et leur répartition en : ceux qui ont reçu la grâce, pour avoir connu la vérité et l’avoir mise en pratique ; ceux qui ont encouru la colère, pour s’être détournés de la vérité après l’avoir connue ; et les égarés, pour ne pas l’avoir connue.

À cela s’ajoute ce qu’elle renferme comme affirmation du décret divin (qadar), de la loi révélée (shar’), des noms divins, du Jour dernier, du repentir, de la purification de l’âme, de la rectification du cœur, et de la réfutation de tous les gens de l’innovation.

Il est donc légitime qu’une sourate dont tel est — en partie seulement — le rang, soit utilisée pour chercher la guérison de tout mal ! » Fin de citation.


Question (Mas’ala)

Al-Nawawî a dit dans Sharḥ al-Muhadhdhab : « Si l’on écrit le Coran dans un récipient, puis qu’on le lave et qu’on donne (l’eau) à boire au malade :

Il (al-Nawawî) dit : « Selon notre école (chaféite), il n’y a pas de mal à cela. En effet, le Qâḍî Ḥusayn, al-Baghawî et d’autres ont dit : Si l’on écrit (des versets) sur des sucreries ou de la nourriture, il n’y a pas de mal à les manger. » » Fin de citation.


Al-Zarkashî a dit : « Parmi ceux qui ont explicitement autorisé cela dans la question du récipient figure al-‘Imâd al-Nayhî, bien qu’il ait affirmé par ailleurs qu’il n’est pas permis d’avaler un papier sur lequel se trouve un verset.

Cependant, Ibn ‘Abd al-Salâm a émis une fatwa interdisant également de boire (cette eau), car elle rencontrera les impuretés de l’intérieur (du corps). Mais cet avis est discutable. »

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